Prologue.

Prologue.



S'il te plait...

Donne-moi la force...

Je n'ai pas de place en ce monde.

Alors je créé le mien.

Et j'y ai une place.

Une d'égal à égal.

Sans discrimination, ni rabaissement.

Ni actes injustes.

Juste égalité, juste ça.

Ce monde j'y vis seul.

Seul dans un monde illusionnaire.

Fait de plaines, d'océans, de rivières, de montagnes, d'arbres, de paix.

La faune et la flore règnent en maître, personne ne craint l'autre, ni la mort.

Un monde de paix.

Et moi je voyage en ce monde qui est le mien.

Sur une montagne, je regarde la plaine qui s'étend devant moi.

Je regarde les nuages, ce ciel si bleu.

Ce monde si pure.

Et je saute, de rocher en rocher.

Invisible et silencieux, telle une ombre.

J'attéris en souplesse sur une roche, longue.

En dessous, une rivière s'écoule, lentement.

Les flots de la Vie.

Je cours sur la roche.

Je saute.

C'est haut, mais je n'ai pas peur, je ne crains pas la mort.

Un oiseau passe, immense.

Me rattrape dans ses serres, et me dit :

La force est en toi, il n'est pas temps de plonger.


# Posté le vendredi 07 novembre 2008 15:19

Modifié le vendredi 07 novembre 2008 16:01

Le réveil.

Le réveil.



D'un sursaut je me réveil. La peur ? J'en doute. La surprise. L'orage gronde dehors, la pluie se déchaine. Dans mon abris de fortune je lutte comme je peux pour garder mes armes et mes provisions au sec. Je pourrais faire sécher le reste. Cet oiseau, on m'en avait parlé une fois... Un oiseau ? Peut-être plus ? Un oiseau qui parle ? Et ce corps ? Non, ça n'était pas un oiseau. Un homme à la tête de rapace, oui. Je me rappelle à présent.
Du temps d'Avant, j'avais étudié un sujet qui le nommait : un Tengu. Mais pourquoi ? Et c'était quoi ? Je ne sais pas. Et cette rivière ? Les flots de la vie ? C'était quoi ça encore ? Et puis... Et puis... Et puis merde...


L'eau tombe tranquillement des arbres. Coule le long de l'écorce, se perd dans la terre. Pour ensuite s'évaporer, remonter parmi les nuages. Et retomber par la suite. Tel un cycle, ce cycle qui n'en fini jamais. J'ai vite compris : je me suis rendormi. Qu'est-ce qui s'était passé ?... Peu importe. Je sors de mon abri avec mon arc, mon couteau et mon épée, sans oublier mon sac.
Le ciel est bleu à travers les branches, je me sens remis de mes blessures et je pars, après avoir rendu à la nature ce qu'elle m'avait humblement prêté : mon abri. Je me mets à courir, vers cette Montagne. Ce Mont toujours aussi lointain. C'est mon but.
La légende dit que si quelqu'un l'atteint, il atteindra l'illumination, la paix. Ainsi, je pourrais revenir dans l'Avant et terminer ce que j'ai commencé.


Mes bottes commencent à être abimées. Cela fait déjà plus de deux cents jours que je voyage en ce monde et j'ai beau traverser monts et vallées, la Montagne demeure toujours aussi imposante et éloignée. Je cours et saute par dessus les obstacles, en toute aisance.
Sans aucun choc, chacun de mes mouvements est contrôlé et je m'amuse à les combiner avec des acrobaties. Je vois la vie se réveiller petit à petit. Les oiseaux chantent, les animaux sortent de leur terrier, le soleil commence à faire sécher mon équipement.


Ce monde si beau, si pur. Si seulement dans l'Avant quelqu'un avait accepté de m'accompagner. Je me sens si seul. Soudain, je sens une présence sombre. Il m'a repéré. Il me rattrape. Non, Il est déjà là.


# Posté le vendredi 07 novembre 2008 15:54

Modifié le dimanche 09 novembre 2008 13:37

Ca ne fait que commencer.

Ca ne fait que commencer.



Que se passe t'il ? Je me mets à avoir mal au ventre, une douleur que je croyais disparue. Il arrive, il est déjà en moi. Il se raccroche à ce qu'il reste de lui en moi. Un cri assourdissant retentit, me brise les tympans et me met à genoux.
J'ai juste la force de lever les yeux et de le voir arriver. Il marche à présent, calmement. Il a ma taille, ma carrure, il est moi. A deux différences près. Il est bien plus puissant que moi, et... Il n'a que ma silhouette. Il n'a aucun visage propre, ça n'est qu'une ombre, un ectoplasme. Il ne porte rien sur lui, ses contours sont justes perceptibles. Pourtant, malgré tout cela je sais qu'Il fait partie de moi.


Il approche calmement. Je recule, je suis apeuré. D'où vient cette peur ? De lui sûrement. Il incarne la puissance même, la force à l'état brut. La mort. Une branche me fait barrage et je tombe sur le dos. Il est à présent à six mètres. Il se poste là, devant moi. Sans aucune once d'agression dans son attitude, ou ce que je puis en percevoir.
"Tu n'es pas encore prêt à atteindre le Mont, réalises-le. Tu n'as pas assez de vertu, ton c½ur n'est pas assez pur. Je ne t'ai que trop souillé. Commence par te racheter envers la Vie, puis la Mort. Je dois te laisser, les Enfers m'appellent. Adieu, et excuse-moi."
Et puis paf, il s'est volatilisé, ou plutôt dissout. J'ai vraiment du mal à comprendre et à croire. Je me rappelle avoir négligé une part de moi-même. Et qu'un jour, lors de ce que l'on peut appeler "crise", j'ai vu comme un filament noir s'échapper de ma bouche et se dissoudre aussitôt.


Je sais qui il était. Il était cette partie noire qui sommeille en chacun de nous, celle qui séduit et mène à la destruction. Celui que j'ai finalement rejeté. Ce qu'il dit avait beau être insensé, je savais au fond de moi que c'était vrai, même si mal exprimé. Ainsi décidais-je de me relever et de reprendre ma route.
J'ai réalisé alors que lors de ma rencontre avec lui, j'avais perdu toute notion du temps, que tout avait disparut sinon moi et lui. Et j'ai aussi réalisé que le milieu de la journée pointait et que je commençais à avoir faim. Ainsi donc je fis une pose et fouilla dans mon sac. Au menu : champignons crus.

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# Posté le samedi 08 novembre 2008 17:05

Modifié le dimanche 09 novembre 2008 13:38

Tout a un prix, un mérite, une raison d'être.

Tout a un prix, un mérite, une raison d'être.



L'air est frais. Le début de la saison froide arrive. Les oiseaux partent en grande quantité. Je n'aperçois plus la Montagne à cause des arbres. Je monte sur l'un d'eux et je regarde : elle est toujours aussi loin. Je repense alors à ce que l'ombre m'a dit : "Manque de vertu...". Je pense comprendre. Toute ma vie j'ai eu la logique que si je n'arrivais pas à quelque chose ou que si j'y arrivais, c'était qu'il y avait une raison à cela : le mérite. Ainsi donc, ce Mont ne s'atteint non pas en marchant dix ans aveuglément, mais en quelques jours avec mérite. Il me faudra alors étudier plus la question. Pour cela, je ne peux que me renseigner, mais auprès de qui ? Ou de quoi ? L'esprit tourmenté de toutes ces questions, je loupe une branche en descendant de l'arbre et tombe sur un tas de feuille, sur le dos. Je vois alors l'oiseau, le Tengu.


Il passe dans les airs, calmement, sans se soucier de moi. Il va vers un point précis. Je me relève et cours vers cette direction. C'est alors que je fus contraint de m'arrêter en vitesse, et pour cause : une falaise de quelques dizaines de mètres était à mes pieds.
Je peux alors observer le terrain. La forêt profonde contraste fortement avec l'immense cratère qui se tient devant moi. Dans ce cratère, il n'y a qu'un lac, paisible, d'une eau pure et belle. Mais en son centre se tient un immense et magnifique temple. J'ai alors compris que ça serait ma prochaine destination. Mais aussi que j'avais un sérieux problème : Comment descendre dans ce temple ?


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# Posté le dimanche 09 novembre 2008 13:26

Modifié le dimanche 09 novembre 2008 13:39

Un coup, une vie.

Un coup, une vie.



Une branche d'arbre plutôt solide sort de la forêt et fait face au vide. C'est ma cible. Je sors mon grappin du sac, je le lance vers la branche. Mais je manque ma cible. Au bout de quatre essais, je l'atteins. En dessous se trouve une petite plateforme d'où je pourrais plonger. Mais il reste le problème du sac, si je le mouille, les provisions seront foutues.
Je retourne donc dans la forêt et confection une lance de fortune. Je la plante dans le trou confectionné pour, dans mon sac. J'évalue la distance entre l'endroit d'où je suis, et la berge du temple. C'est jouable. Je pourrais tout aussi bien contourner le précipice et descendre là où c'est praticable. Mais cela me ferait perdre trop de temps, un jour, voire deux, vu le terrain accidenté. Je saisis la lance de ma main la plus puissante, la gauche. Je m'élance et je tire, de toutes mes forces.
La lance et le sac vont se planter à quelques mètres du rivage, dans la terre. Il me reste à rejoindre le paquetage. Je saisis la corde, et commence à descendre le précipice. La pierre glisse sous mes pieds et je dois finalement me contenter de me laisser glisser sur la corde.


Arrivé sur la petite plateforme, j'évalue la distance entre cette dernière et la surface de l'eau. Il doit y avoir environ cinq mètres. Sans hésiter je prends mon élan et plonge. Le contact brusque de l'eau glacée m'a coupé le souffle, et je mis quelques secondes à me reprendre. Je me mis à nager vers le rivage.
Sur la berge, trempé, je récupère mon sac et je prends la lance en guise d'arme - bien qu'éphémère - en vue d'une éventuelle attaque. Le temple est immense quand on est à son pied. Et tout aussi beau. Mais, alors que j'étais perdu dans mes songes, j'entendis un cri.


Je me mis à courir la dizaine de mètres qui me séparaient du temple. Je laissa mon sac à l'entrée du temple, ne gardant que mon épée, ma lance, et mon couteau. Et là ce que je vis m'horrifia. Une bande de pilleurs saccageaient le temple et tentaient de tuer une jeune femme, qui jusque là se défendait à l'aide d'un bâton de fer.
L'un des pilleurs s'est retourné et m'a vu, il a encoché un carreau dans son arbalète et a annoncé d'une voix sanguinaire : "Celui là il est pour moi les gars." Mais avant qu'il ne termine sa phrase ma lance avait déjà troué sa gorge.


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# Posté le lundi 10 novembre 2008 11:54

Modifié le lundi 10 novembre 2008 12:05